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Le négoce des moustiquaires

Par Marc Biver
Martelange, Luxemourg.

Le tapage publicitaire autour des moustiquaires dans la lutte contre le paludisme peut rendre suspicieux, surtout quand des organisations mondiales avec de lourdes adminis-trations (OMS, Banque mondiale, et plusieurs filiales des Nations-Unies) en font une activité phare, ou encore quand Bill Gates les utilise pour se donner un vernis humanitaire.

Quels sont les résultats de ce programme gigantesque ? On vend 25 fois plus de mousti-quaires aujourd'hui qu'il y a 8 ans. Et pourtant le paludisme augmente partout dans le monde, mais surtout en Afrique : 2 millions de morts par année. Le prix de fabrication est aux alentours de 30 euros. Ceux que l'on distribue gratuitement aux Africains sont donc payés par l'argent du contribuable d'ici ou de là-bas. La Coopération luxembourgeoise arrose les organisations mentionnées ci-dessous chaque année de 19 000 000 (dix-neuf millions) d'euros.

Une évaluation faite en Côte d'Ivoire montre que dès que les moustiquaires ont quelques trous on collecte à la sortie de la chambre à coucher après une nuit presque autant de moustiques gorgés de sang que pour des lits sans moustiquaires. Et même pour les lits équipés de moustiquaires neufs de 11 m2 et sans trous 24% des moustiques ont encore réussi à piquer le dormeur parce qu'une partie de son corps était en contact avec la mous-tiquaire.

Dans un autre essai fait par une équipe d'universitaires (Doanino et al, Médecines tropica-les, 59,349, 1999) aucune réduction de la transmission de la malaria n'a pu être observée dans un village de 720 habitants après que tout le monde était forcé de dormir sous mous-tiquaire. En Ouganda (F. Nuwara, Health Services, Bashenyi) des moustiquaires ont été distribuées à 346 ménages. Aucun impact sur la morbidité n'a pu être noté.

Les moustiquaires mises sur le marché aujourd'hui sont imprégnées avec un insecticide. Le seul autorisé par l'OMS est le pyréthroïde. Les moustiques se sont habitués à ce produit. Leur résistance atteint jusque 50% comme de nombreuses études scientifiques le docu-mentent. En, plus cet insecticide soi-disant biologique, qui à l'origine provenait d'une plan-te, est maintenant produit chimiquement. Ses effets cancérigènes, mutagènes, neurotoxi-ques sont parfaitement connus alors que le DDT qu'on a banni n'a aucune toxicité pour les humains. Aucune. Et pourtant on a essayé de prouver le contraire depuis 50 ans. Vaine-ment. Mais le DDT bien que 10 fois plus efficace est 10 fois moins cher.

Ce qui est pire c'est que les fabricants de moustiquaires imprégnés aux pyréthroïdes ne respectent même pas les normes. Une contrôle de qualité fait par l'OMS en 2003 sur 120 échantillons de 4 marques différentes montrait que sur 90% des échantillons la concentra-tion en substance active était en dessous de 50% de la norme et parfois seulement de 10%. Leur efficacité toxique sur les moustiques est donc très faible. Dans la plupart des cas, seulement un tiers des moustiques sont tués par contact. En plus, après quelques lavages tout le produit d'imprégnation a disparu. Le moustiquaire sale et plein de transpiration attire même les moustiques.

Selon le journal africasciencenews.org, sur les rives du lac Victoria la plupart des mousti-quaires distribuées gratuitement sont utilisés pour la pêche ou le séchage des poissons. Une étude faite dans 6 pays africains (C. Baume, Am J Trop Med, 77, 963, 2007) montre que moins de 50 % de personnes dorment sous moustiquaire dans les famille qui en disposent. L'excuse embarrassée des Africains est que les nuits sont trop chaudes pour dormir sous une moustiquaire.

Mais la cause réelle ne serait-elle pas qu'ils doivent donner à manger à leurs enfants avant de chasser les moustiques. Tant que les pays du Nord ne favoriseront pas des solutions presque gratuites telles que la tisane d'artemisia annua ou l'aspersion intérieure des cases au DDT, mais subsidieront des moyens de lutte de loin trop chers pour les Africains mais fort profitables pour les industriels et fonctionnaires de nos pays (telles que les moustiquai-res ou les pilules ACT), le paludisme continuera son génocide. A Abuja en 1998 le program-me Roll Back Malaria avait pourtant promis avec grandiloquence aux Africains de réduire de moitié le nombre de décès dus à la malaria.

Marc Biver
Martelange

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