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Quand la radioactivité rend hystérique

Pierrer Lutgen
Mars, 24, 2011

Par malice ou par ignorance, on oublie souvent que la radioactivité naturelle fait partie de notre vie depuis des millénaires. Les sources naturelles de radioactivité constituent 80% de la dose annuelle reçue par l'homme. Elles sont nombreuses:

  • Les rayons cosmiques. Ce rayonnement est plus fort en altitude. Un séjour de 15 jours en haute montagne vous donne une dose équivalente à 10 diagnostics RX des poumons.

  • La nourriture contient depuis toujours du potassium, du carbone et du tritium radioactif. Ainsi dans le corps d'un homme adulte il y a en moyenne 4400 Becquerel (désintégrations par seconde) dus au pota-ssium radioactif et 3700 Becquerel dus au carbone radioactif. Surtout ne mangez pas de bananes.

  • L'air contient du radon. Les concentrations de ce gaz sont plus élevées dans les régions à roches granitiques (Forêt Noire, Massif Central, Ardennes).

  • Le sol contient toujours un peu d'uranium. 5 ares de jardin, sur une profondeur de 50 cm, contiennent 1 kg d'uranium et 3 kg de thorium.

  • L'eau, et surtout les eaux thermales prélevées à grande profondeur. Il y a un siècle on les vendait en pharmacie pour guérir les rhumatismes.

Le corps humain s'est adapté à ce phénomène naturel et en tire même avantage pour le renouvellement des cellules. La radioactivité zéro n'existe pas et c'est absurde de paniquer pour des doses momentanées qui dépassent légèrement la normale.

A Fukushima la cuve des réacteurs a résisté a un tremblement de terre qui est le plus fort que le Japon ait connu en un siècle. On n'avait hélas pas prévu que des digues assez hautes pour arrêter une vague de tsunami de 7 mètres de hauteur. Les générateurs au diesel et les pompes ont été noyées et le refroidissement du cœur des réacteurs devenait problématique.

Les quantités de radioactivité échappées des réacteurs avec les vapeurs d'eau restent dans des limites qui ne soumettent les riverains qu'à des doses correspondant à un ou plusieurs examens aux rayons X.

Compte tenu des ravages provoqués par le tremblement de terre, et surtout le tsunami qui a suivi, avec dix mille morts et disparus, des centaines de milliers de personnes déplacées, le manque d'électricité, et la nourri-ture qui commence à manquer, cela semble honteux et cynique, puisque pour l'instant, en fait de nucléaire, on parle de dangers potentiels. Les éditoriaux des journaux écrits et télévisés battent le record dans la description d'une apocalypse nucléaire. « Cauchemar nucléaire", "Catastrophe nucléaire", "Terreur radioactive".

La une des journaux, et des journaux télévisés, ces jours-ci, ne fait pas dans la subtilité. Le Sunday Times titre:  « Les centrales nucléaires vont-elles exploser? » Le Herald Sun  « Une explosion dans la centrale nucléaire a sans doute provoqué des milliers de morts ». Rappelons qu'il n'y a pas eu de mort dû à cette explosion qui n'était pas nucléaire mais due à une fuite d'hydrogène. Le champion dans le catastrophisme est souvent la RTBF belge Elle montre une simulation d'ordinateur avec un nuage rouge qui traverse les océans pour atteindre l'Europe et trouve des légumes radioactifs à des milliers de kilomètres du Japon.

Les autorités japonaises ont géré de façon remarquable un désastre technique et humain. Elles ont peu apprécié que la France, avec l'Allemagne, appelle ses ressortissants à quitter Tokyo dès dimanche dernier, quelques heures seulement après que les premiers incidents ont été détectés sur la centrale de Fukushima. Elles ont peu apprécié le tamtam médiatique fait autour des pompiers-sauveteurs envoyés par la France, avec la stricte consigne de ne se rapprocher qu'à 80 km de la centrale nucléaire.

Au point qu'on a la nette impression que les problèmes de la centrale de Fukushima sont fortement amplifiés non par intérêt pour les Japonais qui en sont victimes, mais pour des raisons idéologiques liées à des choix énergétiques chez nous. Ce n'est pas par hasard que s'est immédiatement mise en branle la machine de propa-gande du "jamais plus le nucléaire".

Le sentiment est renforcé par le constat de la façon dont s'est fait ces jours-ci une sélection des nouvelles. Dans le district même de Fukushima le tremblement de terre a provoqué le 11 mars l'effondrement d'un petit barra-ge et la vague qui a suivi a anéanti un pays entier, emportant des centaines de maisons et provoquant un nom-bre indéterminé de victimes. Sur cet épisode, seulement quelques rares titres d'agence, et personne n'a deman-dé un arrêt de la construction de centrales hydroélectriques.

On pourrait même ce féliciter de la solidité de ces centrales nucléaires ayant résisté à un séisme d'une tel ampleur, suivi d'un tsunami.

La vraie leçon de Fukushima est que des réacteurs nucléaires de ce type présentent un haut degré de sécurité. On ne peut en rien les comparer avec ceux de Chernobyl qui n'avaient pas d'enceinte de confinement.

Et l'autre leçon : que nos politiciens sont des girouettes au point de pouvoir servir d'éoliennes.

Pierre Lutgen
Docteur en Sciences
Luxembourg


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