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L'ENVIRONNEMENT ET LE PROTOCOLE DE KYOTO
par Norbert Friob*
Président de la
Confédération des Classes Moyennes

A l'heure où le protocole de Kyoto est au centre des débats, je suis conscient de la nature polémique de mes écrits. Je pense néanmoins qu'il est utile d'apporter un autre éclairage du problème que la seule doctrine officielle répandue depuis le milieu des années 80.

De plus, la particularité du Luxembourg fait que l'achat de carburants consommés ailleurs nous pose des problèmes. Il faut pourtant être naïf pour croire que la consom-mation globale sera réduite par une augmentation des prix des carburants au Luxem-bourg, alors qu'au même moment la Chine connaît une expansion accélérée et s'an-nonce hautement polluante avec ses immenses réserves de charbon fortement soufré et naturellement chargé de particules radioactives.

A l'heure où la création d'emplois est considérée comme problème numéro un et que l'encouragement de l'entrepreneuriat et la seule voie pour la création de vrais emplois, il est difficile pour les entrepreneurs et ceux qui envisagent de le devenir de faire face aux actions des écologistes et autres mouvements anti-mondialistes qui vilipendent l'entreprise exploiteuse, polluante, dangereuse, harceleuse et j'en passe.

Reconnaissons cependant aux écolos qu'ils ont réussi à sensibiliser les citoyens et modifier leur comportement face à de réels problèmes.

  1. Bonnes nouvelles du climat

    Après les grosses chaleurs de l'été 2003, le climat plus que jamais est dans l'air du temps. Le titre de cet article risque donc de surprendre, car il est connu que pour agiter les médias la peur est un meilleur fonds de commerce que la raison.

    Jean-Paul Croizé est d'avis que les écolos joueraient sans scrupule sur les grandes peurs modernes et pousseraient au catastrophisme pour avoir leur pouvoir dans l'opinion publique, financer leurs hobbies et à l'occasion saper les bases du système capitaliste.

    Heureusement des émissions comme celle sur ARTE «CLIMAT: ON NOUS CACHE TOUT, ON NOUS DIT RIEN» vont à l'encontre du discours catastrophique ambiant. L'émission a montré que les scientifiques ne nient pas le réchauffement de la planète, même s'il n'est pas global, car des régions se refroidissent et d'autres se réchauffent. Il est par contre impossible de prouver que l'adoucissement soit dû uniquement aux ac-tions humaines. Le présent article à comme objectif de balayer certaines idées reçues et d'apporter un peu d'optimisme dans un débat dominé par les discours d'intégristes pour qui il semblerait que le confort des humains serait finalement moins important que celui des papillons.

    Je suis cependant d'accord qu'il faut encourager la préservation des milieux naturels avec sa faune et sa flore. Il reste à définir les priorités, car on ne fait pas d'omelettes sans casser des œufs.

  2. Réflexions sur l'homme et son influence sur le climat

    Ma démarche est celle d'un amoureux de la nature capable d'en apprécier tous les charmes et de s'engager pour la protéger sans pour autant être un écologiste au sens que l'on donne aujourd'hui à ce terme. D'ailleurs les écologistes n'ont pas le monopole de la protection et de l'amour de la nature et il n'est pas nécessaire d'en porter l'étiquette pour agir.

    En 1979, 1978, j'ai planifié et construit ma maison en utilisant des matériaux écologi-ques, en l'isolant parfaitement en l'orientant avec de grandes baies vitrées et déborde-ment de toitures au sud et de petites fenêtres au nord, en installant des panneaux solaires et une pompe à chaleur et en modifiant le plan initial pour éviter de devoir cou-per les vieux arbres dans le verger où la maison a été construite.

    J'ai commencé à m'intéresser plus particulièrement au sujet du temps où j'était prési-dent européen du négoce de bois fin des années 80. A l'époque des activistes se sont engagés dans des opérations de boycott contre l'utilisation du bois et plus particulière-ment des bois tropicaux avec comme résultat des effets pervers dans les pays où une gestion des forêts suivant le modèle européen commençait à porter des fruits.

    Un récent rapport du CIFOR (Center for International Forestry Research) démontre que la déforestation des plus importantes forêts au monde, à savoir l'Amazonie, est due au brûlage de la forêt pour permettre le développement de l'élevage bovin (bétail destiné à l'exportation).

    Heureusement aujourd'hui des organisations comme le WWF consacrent une partie de leurs budgets à subventionner la promotion des ventes de bois provenant de forêts gérées. Début 1990 mes démarches et conférences qui allèrent dans le même sens, m'ont pourtant valu une volée de critiques.

    De nos jours, alors que les titres relevés dans la presse : «2003, l'année la plus chaude du siècle» ; «Noël au balcon» ; font régulièrement le procès du climat, il est temps de ramener un minimum de raison dans un débat qui déchaîne les passions.

    Avec une augmentation de 0,6 % de la température dans nos régions par rapport au début du dernier siècle, les climatologues estiment que nous sommes entrés dans une phase de réchauffement du climat.

    Certains scientifiques défendent la thèse d'un réchauffement lié à l'accumulation de gaz à effet de serre dans la haute atmosphère alors que d'autres parlent d'une «variabilité naturelle» aux origines inconnues, comme celle qu'a connue le Groenland juste avant l'an mil. Personne ne connaît l'origine du brutal réchauffement de l'atmosphère, appelé «optimum médiéval» qui à fait que l'hémisphère Nord était un pays vert avec une cultu-re de vignes en Islande avant que les glaces ne reprennent leur place au 14e siècle et cela bien avant la production importante de gaz à effet de serre du fait des activités humaines. Le Sahara avait une végétation luxuriante il y a 16.000 ans.

    Le vieux proverbe, «Noël au balcon, Pâques au tison», illustre comme beaucoup d'au-tres qu'à d'autres époques, tout comme aujourd'hui, il n'y a plus de saisons. Les profon-des modifications qu'a connues notre planète au cours des millénaires avec des aires glaciaires et interglaciaires, lorsque l'homme n'était pas encore apparu, tendraient à accréditer la thèse que l'homme s'accorde un pouvoir qu'il n'a pas.

    Depuis 12.000 ans les températures moyennes n'ont pas cessé de monter, or nos ancêtres vivant dans les cavernes ne disposaient pas d'usines, de voitures et de chau-ffage.

    Dans son histoire du climat depuis l'an mil l'historien Emmanuel Leroy Ladurie écrit chiffres à l'appui : « Les météorologistes sont unanimes: les catastrophes climatiques ont toujours existé, et ni plus nombreuses ni plus violentes que par le passé, nous avons la mémoire courte et les excès du temps se remarquent davantage du fait de leur médiatisation».

    A propos du «matraquage» médiatique, Pascal Bernardin, polytechnicien et docteur en informatique écrit dans son livre ´enquête´: «L'opinion publique, renforcée dans cette idée, fait de fallacieuses comparaisons avec des anomalies climatiques récentes, est maintenant convainque que la planète se réchauffe et que cela nous conduit à une catastrophe.»

    Jean-Claude Duplessy auteur de l'excellent ouvrage «Gros temps sur la planète» et directeur de recherche au CNRS pense que les activités humaines accélèrent le processus de changement du climat qui ont à la base des causes astronomiques.

    Face aux changements Duplessy fait des recommandations que l'on devrait suivre. Il écrit : «Il faut donc une politique énergétique qui amène à réduire les changements. Première chose: utiliser aux mieux l'énergie, sans pour autant revenir à l'âge des cavernes. Je ne peux pas croire que mon collègue américain, qui dépense trois fois plus d'énergie que moi, vive trois fois mieux. Deuxième élément: utiliser des straté-gies sans regrets, c'est-à-dire telles que si vous mettez en œuvre, quelle que soit l'évolution future, vous n'aurez pas de regret parce que ce sont des stratégies qui vous seront bénéfiques tout en économisant de l'argent. Par exemple, utiliser le train plutôt que le camion. C'est un investissement rentable à l'échelle de quelques anné-es. Troisième piste: l'utilisation d'énergies nouvelles. Tout en sachant qu'on ne peut remplacer les énergies actuelles par d'autres. Mais elles peuvent venir en appoint. Enfin, faire en sorte de moins polluer tout en conservant la même production énergé-tique. A cet égard, je n'ai aucun état d'âme vis-à-vis du nucléaire, malgré ses dé-fauts.»

    Hans von Storch, de l' «Institut für Gewässerphysik», et Nico Stehr, «Sustainable Deve-lopment Research Institute», Université de Colombie Britannique, dans Nature du 8 juin 2000, tiennent des propos plutôt réconfortants et estiment la conviction de humains à savoir qu'ils ont une influence importante sur le climat est surévalué. Les exemples déjà cités et aussi l'histoire de la terre est instructive. Elle nous apprend qu'à certaines épo-ques, le carbone fut beaucoup plus abondant qu'aujourd'hui dans l'atmosphère. Il le fut trois fois plus lorsque, à l'ère primaire, notre planète se trouva couverte par d'immen-ses forêts dont les restes devaient donner naissance aux immenses gisements de hou-ille. C'était il y a 320 millions d'années. Sans remonter à un passé aussi éloigné, on retiendra qu'il y a 18.000 ans, la température moyenne de la terre était de 6 °C infé-rieure à sa valeur actuelle avec un niveau des océans beaucoup plus bas et la traver-sée de la manche et du détroit de Behring pouvait se faire à pied.

    A cette période glaciaire succéda un spectaculaire réchauffement. Il assura à la terre, voici 8.000 ans, - une époque que l'on voudrait faire correspondre au paradis terrestre - une température supérieure de 2 °C à sa valeur présente. Elle se mit à diminuer par la suite.

    A différentes époques, et à défaut de coupables, comme la déforestation au 18e siècle, la volonté de Dieu ou une punition du ciel expliquaient les variations heureuses ou négatives du climat.

    Les scientifiques Hans Von Storch et Nico Stehr affirment dans un excellent article du Figaro «nous ne sommes pas convaincus que le changement présent et futur aura un impact significatif sur la société, ni sur l'écosystème du globe». Car, affirment-ils «en substance, aujourd'hui comme hier, ces craintes relèvent de l'hypothèse, ne reposant souvent que sur une méthodologie simpliste. Et pourtant, la crainte de va-riations climatiques est ancestrale, culturelle, pour les scientifiques comme pour le public.» Ces préoccupations font vivre ceux que les éditorialistes de Nature nomment des «scientifiques activistes», ceux qui écrivent comme leurs homologues des siècles passés, le même scénario apocalyptique sur fond de déserts, de pluies diluviennes et de tempêtes.

    Toujours est-il qu'aujourd'hui il est politiquement correct de s'inquiéter du réchauffement et comme l'affirment certains experts, les messages de peur, mieux que les messages positifs, facilitent l'obtention d'importants budgets pour la recherche. Il n'est donc pas étonnant que de nombreux chercheurs s'alignent sur la doctrine officielle du réchauffe-ment depuis le milieu des années 80.

    Pierre Kohler au terme d'une longue enquête dévoile l'étrange conscience qui unit éco-logistes, scientifiques, industriels, politiques et journalistes à des fins «idéologiques» ou mercantiles. Il déclare que la lutte louable pour un meilleur environnement n'est que trop souvent un prétexte et un faire valoir. Il démontre ce que cachent la plupart des combats en faveur de l'environnement et démonte le mécanisme d'une véritable désin-formation qui parfois s'apparente à une manipulation de l'opinion à l'échelle planétaire.

    Pour mettre tout le monde d'accord, Robert Sadourny, directeur du Laboratoire de météorologie dynamique du CNRS explique que dans 50.000 ans commencera un nouvel âge glaciaire et que l'effet de serre sera oublié. Alors New York sera ensevelie sous deux kilomètres de glace et l'Angleterre ne sera plus une île. Le responsable: un changement inéluctable de la position de la Terre par rapport au soleil. «Notre orbite passe d'un cercle quasi parfait à une ellipse légèrement allongée en une centaine de milliers d'années. De son côté, l'axe de rotation de la Terre change périodique-ment d'inclinaison. Ces mouvements sont connus et leurs combinaisons détermin-ent l'insolation de la planète. On sait qu'une période glaciaire débutera dans une vingtaine de milliers d'années. Le processus d'accumulation de la glace étant plus lent que celui de sa fonte, le maximum glaciaire ne sera atteint que d'ici 50.000 à 60.000 ans avec une température moyenne d'environ 5°C inférieure à aujourd'hui. L'effet de serre ne sera plus qu'un lointain souvenir. Dans 50.000 ans, le climat n'en gardera qu'une faible trace.»

    «La prochaine glaciation sera plus modeste que la dernière, il y a 18.000 ans», explique le glaciologue Jean-Claude Duplessy. Néanmoins, une couche de glace épaisse de plusieurs kilomètres recouvrira le nord de l'Europe et du continent améri-cain. Le niveau des mers baissera d'une centaine de mètres!

    Jusqu'ici, il y avait presque consensus que l'homme moderne détruisait sa planète. Mais, depuis peu, des voix s'élèvent, affirmant que la nature à meilleure mine que ne le dit Greenpeace. Des transfuges de l'écologie reprochent à leurs adversaires maniché-isme et manipulation des chiffres et tous partent à l'assaut de la vision pessimiste du monde chez les écolos, née à la fin des années 60. L'un des troublions est un Danois de 37 ans, Bjorn Lomborg. Ce statisticien, longtemps sympathisant écologiste, s'était mis en tête de réfuter Julian Simon, un économiste selon qui l'environnement tournait plutôt rond. Pourtant, en cours d'enquête, face à la réalité des chiffres, Lomborg com-prit que c'était lui, le Vert, qui se trompait. Fruit de ses travaux, un pavé de 500 pages qui détruit beaucoup d'idées reçues. La famine progresse ? Faux, répond Lomborg. Dans le tiers monde, la ration calorique moyenne a augmenté de 8 % en dix ans. Les pesticides sont cancérigènes? Faux: sans chimie, les fruits et légumes seraient plus chers, et donc moins accessibles, alors que le fait d'en consommer diminue le risque de cancer. Provocant, son ouvrage est un best-seller.

  3. Une autre voix

    Yves Lenoir, un ancien écologiste met en doute le réchauffement général de la planète et dénonce les insuffisances des modèles utilisés par les climatologues et l'importance excessive accordée aux moyennes de températures. Il conteste le rôle central de l'effet de serre dans les changements climatiques et relativise les craintes sur la montée du niveau des océans.

    Il souligne l'importance, à ses yeux, négligée des prélèvements d'eau pour l'irrigation. Yves Lenoir dénonce un complot des scientifiques imposant une vérité officielle avec la complicité des médias en quête de sensationnalisme catastrophiste.

    La seule chose qu'affirment unanimement les scientifiques de toutes tendances c'est que les variations climatiques se mesurent sur des centaines de milliers d'années et que des variations sur deux ans et même sur un siècle ne sont pas significatives pour juger une évolution globale et durable du climat.

  4. De l'écologie à l'écologisme

    Avec les prises qui précédent, les écolos comme José Bové prennent donc une volée de bois vert et vont devoir affronter des contradicteurs aux arguments solides surtout quand une émission comme «Enquête de personnalité» de Canal + fait tomber les masques. Outre son militantisme révolutionnaire enraciné depuis son plus jeune âge, Bové reste fidèle à ses idées. Néanmoins, l'on découvre le vrai faux paysan dilettante, grisé par la médiatisation, qui préfère les tours de monde et laisse les travaux agrico-les à de jeunes stagiaires. Le vrai Bové est donc très éloigné du paysan laboureur et pittoresque qui pose sur son tracteur ou auprès de ses brebis tout en ne se gênant pas de fumer sa pipe. Connaissant les méfaits prouvés du tabac, comment peut on s'enga-ger contre les méfaits venant des OGM, qui pour l'instant ne sont pas prouvés ?

    Je suis d'accord avec Delphine de Mallevoie qui dans le Journal FIGARO déclare : « Il a absolument le droit de n'être que militant et pas paysan, simplement il manipule l'opinion là-dessus ».< /p> La génération actuelle d'écologistes a transformé l'écologie en écologisme, qui voit le culte de la nature se transformer en une attitude de contesta-tion de la société et du progrès. Il s'agit d'un écototalitarisme où tout le monde doit pen-ser de la même manière et ceux qui refusent sont à la solde des entreprises ennemies.

    John Castegnaro le syndicaliste a vécu il y a peu la même situation que celle que j'ai vécue il y a quelques années après une émission télévisée sur l'utilisation du matériau le plus écologique qui soit: le bois. J. Castegnaro a osé dénoncer le blocage systéma-tique pratiqué par les écolos. Aussitôt et comme d'habitude les foudres de la critique se sont abattues sur celui qui a la moindre velléité de contester leur action ou de mettre le doigt sur des contradictions évidentes.

    C'est cette attitude qui m'autorise à utiliser les mêmes méthodes et à être d'accord avec Jean Cazeneuve qui écrit dans le Figaro du 12 octobre 2001. «Le discours des verts dissimule parfois un autoritarisme qui tend à nous dicter notre mode de vie»

    Roger Cans quand à lui écrit: «le gauchisme, selon Lénine, était le stade infantile du communisme, le catastrophisme est le stade infantile de l'écologisme».

    Je suis cependant d'accord avec les écologistes qui sont dans leur rôle en signalant, même avec excès, ce qui ne va pas. Je suis d'accord également avec tous ceux qui considèrent la protection de l'environnement comme une priorité et que ceux qui polluent gravement les sols, l'eau et l'atmosphère, que ce soit pour la recherche du profit ou d'autres raisons, sont à considérer comme des criminels.

    Après les critiques, je remercie les écologistes sincères d'avoir fait progresser les attitudes face à la pollution, à la réduction des gaspillages et à la destruction des sites naturels. Malheureusement, de la défense de l'environnement certains sont passés aux attaques de la mondialisation en usant des méthodes qu'ils reprochent à leurs adver-saires à savoir l'hypocrisie et le mensonge. Ils sont passés maîtres dans l'art de la désinformation. L'écologie n'étant la propriété de personne, les militants ne sont pas mieux placés pour donner des leçons, car engagés dans leur combat, ils utilisent les méthodes de certains industriels qu'ils accusent par ailleurs de lobbying.

    Puissent-ils faire la différence entre les vraies pollutions et celles qui n'en sont pas, et arrêter le diaboliser systématiquement les humains en idéalisant la nature.

    A propos des risques mineurs, la déclaration du Dr. Patrick Toubon au sénat en Fran-ce est intéressante: «Quand la majorité des scientifiques considèrent ces risques comme faibles, voire inexistants, les craintes qu'il suscitent font la une des journaux, accaparant l'attention et souvent les crédits de recherche. Dans le même temps, les risques réels (tabac, alcool, drogues, accidents domestiques et du travail, suicides, etc…), responsables de milliers de morts prématurées, ne suscitent guère l'émotion.»

    L'on peut comprendre que l'on ne se réjouisse pas de voir une autoroute passer dans son voisinage immédiat et comme souvent les problèmes particuliers n'intéressent pas le grand public, l'on dénonce une atteinte inadmissible à l'environnement et à défaut d'arriver à bloquer définitivement un projet, l'on a réussi à le freiner et à faire parler de soi, tout en faisant payer le coût des blocages aux contribuables. Partout l'on trouve des espèces à protéger en déconsidérant les humains. Enterrer les humains dans des tunnels pour permettre aux papillons de traverser les routes en toute sécurité est mani-festement un excès indépendamment des engagements financiers qui auraient pu être mieux affectés.

    La protection de l'environnement comme nous la pratiquons est une approche de pays riches qui peuvent se payer le luxe de faire passer les considérations économiques au second plan. Au Luxembourg, la liste de ce que je considère comme des excès de pays riches est malheureusement longue.

    Je ne rappellerai pas ceux qui ont été soulevés dans mon livre «Parlons commence» à propos de la sécurité alimentaire. Dans son récent ouvrage «Histoire des peurs alimentaires du moyen âge à l'autre du XX siècle» Madeleine Ferrières démontre que dioxines et vache folle, qui font peur nous font aussi rêver à un paradis alimentaire qui n'a jamais existé.

    Je ne veux cependant pas faire passer sous silence le remplacement du fréon dans le réfrigérateur et les installations de climatisation par de l'ammoniaque sous le couvert de la meilleure technologie disponible.

    Il est entre temps connu que quelques gros industriels avaient un intérêt à éliminer le fréon pour le remplacer par d'autres gaz. L'ouvrage «L'imposture verte» analyse la situation, qui est résumée comme suit:

    «Ce qu'on ne dit : La couche d'ozone qui nous protège des dangereux rayons ultra-violets du soleil est progressivement grignotée sous l'action du CFC, le chlorofluoro-méthane, un gaz utilisé notamment dans les bombes aérosols. Le résultat est un trou, par lequel s'engouffrent ces rayons, susceptibles d'entraîner des cancers de la peau et des cataractes. D'où l'interdiction des CFC, par un accord international signé en 1987, et leur remplacement par des substituts inoffensifs.

    Ce qu'il en est: Il n'existe pas de «trou» dans la couche d'ozone. C'est seulement là une image. Quant à la réduction de la quantité d'ozone, il s'agit d'une fluctuation saisonnière, due aux conditions physiques particulières de la stratosphère au-dessus des régions polaires. D'une année sur l'autre, la couche se reconstitue, et même s'il apparaît que sur un long terme la concentration décroît légèrement, ce phénomène n'a pas l'ampleur qu'on lui prête. L'interdiction des CFC et leur rem-placement par des produits de substitution est une décision motivée par des con-sidérations politico-commerciales, et cautionnée par des scientifiques qui ont leur propre intérêt à poursuivre ces études».

    Ce qui par contre me semble grave, c'est que le Luxembourg soit l'un des rares pays au monde à avoir opté pour une réfrigération à base d'ammoniaque. En dehors du coût élevé, cette solution constitue une sorte de bombe à retardement et toute fuite de gaz peut avoir des conséquences mortelles. Une première fuite heureusement décelée à temps au Théâtre d'Esch et une légère fuite à la patinoire de Remich, qui a mobilisé les pompiers de BASF à Ludwigshafen nous donnent un avant goût de ce qui nous attend avec le vieillissement des installations.

  5. Le principe de précaution

    Il serait trop long de développer ce sujet, comme tant d'autres, qui touchent à l'environ-nement et qui ont fait l'objet de nombreux travaux. Je me limiterai à deux citations à propos du principe de précautions qui est aujourd'hui un frein important au progrès.

    Pr. Jean-Claude Arthus, professeur de biophysique à la faculté de médecine de Mont-pellier: «On est passé d'une civilisation qui a adoré le progrès à la civilisation du principe de précaution. Qui s'est perverti pour devenir celui du risque zéro. Plus on répète que celui-ci n'existe pas, plus l'opinion publique le réclame».

    Pierre Kohler pour sa part écrit: «Si l'application intelligente du principe de précaution peut éviter de graves problèmes, son application radicale peut en revanche paraly-ser toute activité économique. Il serait grave de faire, en son nom, des choix irréver-sibles. La précaution à distinguer formellement de la prévention ne doit pas devenir un principe d'inaction.» Il écrit également que «L'exigence du risque zéro dans la vie quotidienne impose des dépenses de plus en plus élevées à mesure que l'on se ra-pproche de l'objectif, et les budgets gaspillés pour satisfaire ce fantasme manquent cruellement pour des urgences bien réelles et immédiates».

    L'ex-ministre français de la recherche Claude Allègre a déclaré lors d'une interview: «Le principe de précaution est une bonne chose, mais s'il est appliqué systémati-quement c'est une ânerie».

  6. Conclusions

    Avant de terminer, je suis heureux de constater qu'à propos du bois qui m'a propulsé dans l'arène écologique, il est reconnu aujourd'hui que :

    1. faire pousser un arbre revient à fixer du carbone, à condition de le couper avant qu'il ne se désagrège ou ne soit brûlé. Dans ces derniers cas il y a fabrication de dioxyde de carbone ce qui en conclusion revient à dire que laisser la forêt à l'état naturel est à priori satisfaisant pour l'esprit, mais constitue en fait une aberration écologique.

    2. en matière de bois tropicaux, tous les experts sont d'accord sur le fait que l'explo-itation irrationnelle n'est responsable que de 20 % des dégâts et que les brûlis des autochtones sont plus nocifs à l'échelle planétaire que les abattages. Si de plus l'on considère le fait que le bois utilisé pour le meuble fixe le carbone, alors que le bois brûlé rejette son carbone dans l'atmosphère, la faute n'est pas si grave.

    3. le matériau le plus écologique qui soit est le bois.

    4. Il pousse en fixant du CO2

    5. Il s'exploite et se travaille en consommant un minimum d'énergie

    6. Il est facilement recyclable

    Je soutiens totalement les engagements de l'Union des Entreprises Luxembourgeoi-ses (UEL) regroupant l'ensemble des fédérations professionnelles luxembourgeoises qui a signé une charte en faveur du développement durable le 31 octobre 2003.

    Par ailleurs il est temps que les luxembourgeois fiers de leur PIB et de leur pouvoir d'achat parmi les plus élevés au monde, se rendent compte qu'ils ne peuvent pas durablement avoir le beurre, l'argent du beurre et la crémière en prime.

    Il est temps que tous ceux qui veulent plusieurs voitures, un aéroport à proximité pour se rendre en vacance, de préférence plusieurs fois par an et se rendre au travail sans embouteillage, arrêtent de se servir des arguments écologiques pour bloquer tous les projets qui assurent leur confort. Certains désagréments qui font partie des activités luxembourgeoises sont le prix à payer.

    Au Luxembourg comme ailleurs les réactions contre ceux qui sèment la «peur verte» deviendront de plus en plus fréquentes. Ainsi les articles du scientifique Pierre Lutgen, le récent article de l'ingénieur Jacques Hoffmann et les prises de position de professeur Massen dont je rappellerai le message à nos décideurs politiques en guise de conclusion, en sont le témoignage.

    «Ne croyez pas aveuglément les litanies des groupes de pression comme Green-peace, et surtout doutez des certitudes avec lesquels ces groupent répètent leurs affirmations et leur litanie. Actuellement il y a peu de certitudes et beaucoup d'inco-nnu."

    N'imposez pas à une économie des restrictions lourdes, qui reposent sur des théo-ries possiblement erronées, et dont l'effet sera certainement non-mesurablement petit. Utilisez plutôt une partie de ces fonds pour favoriser la coopération avec les pays en voie de développement et les indications positives vers l'utilisation des énergies non fossiles."

    Le climat de la terre se moque bien de ses « sauveurs », et un été trop chaud n'est certainement pas le signe d'une évolution torride, tout comme un hiver plus froid n'annonce pas le gel éternel ».

    Norbert Friob
    Président de la Confédération des Classes Moyennes

    Bibliographie

    1. L'Ecologiste Sceptique de Bjorn Lomborg – Ed. Cherche Midi

    2. Climat en panique de Yves Lenoir – Ed. Favre

    3. Histoire des peurs alimentaires du moyen âge à l'aube du XX siècle de Madeleine Ferrières

    4. Histoire du climat depuis l'an mil de Emmanuel Leroy-Ladurie

    5. Gros temps sur la planète de Jean-Claude Duplessy

    6. L'imposture verte de Pierre Kohler – Ed. Albin Michel

    7. Climat, la fausse menace ? de Jean-Paul Croizé – Ed. Carnot

    8. Ecologiquement incorrect de Eric Joly – Ed. J.C. Godefroy

    9. La face cachée de l'écologie de Laurent Larcher – Ed. Cerf

    10. Figaro du 12 octobre 2001

    11. Nature de juin 2000

    12. Ça m'intéresse